mamie jeannette et ses poupées

un petit modèle rapide et facile pour vos poupées

issu de ce petit catalogue

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moisson de septembre 2018 : Raynal

 j'ai commencé la restauration de mes poupées par la Raynal, la plus jolie

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pendant que vêtements et chaussures trempaient, j'ai remis des élastiques et lavé la poupée

j'ai souhaité garder les vêtements d'origine, bien que passés par le temps, ils étaient roses et ils correspondent à une petite fille

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puis j'ai cherché dans ma bibliothèque l'histoire de cette poupée

 - Source, Les poupées Raynal, d'Elisabeth Chauveau, la marque de qualité, Histoire d'une fabrique 1922 - 1979, publié en octobre 2008

Les poupées Raynal, la marque de qualité - Dauphin

 

il y a une poupée Raynal modèle Françoise/hortense, yeux en ppolystyrène, riboulants et dormeurs, tête rhodoïd, bouche ouverte avec langue, deux dents, entièrement en  Rhodïd jambes raides, vêtements d'origine, 45 cm, de 1949

en 1954, le Bon Marché propose " Françoise " BEBE " Raynal " en plastique rigide, yeux dormeurs riboulants, très bel habillage satin, bonnet dentelle ruche, sous vêtements lingerie, chaussettes tricot, chaussures plastiques, 48 cm,  C'est une poupée qui se veut être semblable à la Françoise à tête collerette et a jambes raides en Rhodoïd, telle qu'elle était présentée en 1950, dans le même magasin

Mais celle-ci a le corps en Rhodialite comme celui de Nadine et de Véronique, et la tête est celle du nouveau-né à cou rond.

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moisson d'automne 2018

Voici ma récolte d'autome

 

Mon amie Marie-France doit vider la maison de ses parents ....

elle m'a proposé ses poupées d'enfance que sa maman avait gardées précieusement dans leur landau

 

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il y a une poupée Bella, une poupée Gégé, une poupée Raynal et une poupée SFBJ 301 Paris

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elles datent des années 50

après tant d'années, d'autres petits enfants (garçons ou filles)  sont passés par là .....  je sais qu'ils aiment appuyer sur les yeux .....

bref

tout ce joli monde doit faire une grande toilette, passer chez le docteur, chez le coiffeur, la couturière et retrouver un peu de dignité

j'ai du travail pour l'hiver

je vous tiendrai au courant

 

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cache cœur pour ma poupée 1907

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un petit cadeau ? habiller une poupée ?

vite, un cache cœur layette

une fiche gratuite PINGOUIN , c'est ici 

https://www.pingouin.fr/modele-layette-cache-coeur-rose.html

 

 

y a plus qu'à .....

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poupée ELVE

 j'ai tricoté une petite robe pour ma poupée Elvé

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on trouve facilement des tutos gratuit sur pinterest,  concus pour une chérie de Corolle, ils sont facilement adaptables à toutes sortes de poupées

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La maison PROPLASTEX poupées ELVE (Elvé car c'est la prononciation de deux initiales, a produit des poupées en polyéthylène puis en plastisol dans les années 60.
Ces poupées, principalement des majorettes et des poupées de foires ont été fabriquées dans des tailles de 9 à 85 cm.
La maison Elvé etait basée Chauffailles (71) 

Résultat de recherche d'images pour "poupée elve"

 

 à part dire qu'elle est née à Chaufailles dans les années 60 sans doute
on est bien peu renseignés sur cette marque.

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la mienne mesure 38 cm, elle a une silhouette de rêve, de longues jambes et une taille fine twisteuse,  twisteuse, car son corps est compose de deux parties, sa taille permet les mouvements, elle peut danser 

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elle a une jolie chevelure très fournie et très douce après shampoing

dénichée en brocante, j'ai oté sa tenue de foire très abimée et lui ai tricoté une petite robe pour qu'elle se réchauffe et la rendant plus digne

 

 Résultat de recherche d'images pour "proplastex"

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GéGé

ma poupée composition Gégé 

 

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cette poupée est fabriquée pendant la guerre. les matières premières viennent à manquer. GéGé est contraint de vêtir ses poupées avec des habits de papier inutile de vous dire qu'en brocante il est rare de trouver cette poupée encore habillée

 

j'en avais un peu assez de la voir ainsi dévêtue, je lui ai tricoté cette petite robe

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 réalisation

monter 84 mailles aiguille 3 et tricoter 4 rangs mousse 

puis alterner 2 rangs jersey 2 rangs mousse 7 fois

diminuer en tricotant 1 maille puis les autres 2 par 2 et terminer par 1 maille

il reste 44 mailles

faire 1 rang de trou-trous ( 2 mailles ensemble 1 jeté ..... )

tricoter encore 2 rangs jersey 2 rangs mousse 7 fois

puis tricoter 8 mailles rabattre 6 mailles tricoter 16 mailles rabattre 6 mailles terminer par 8 mailles

rang suivant tricoter 8 mailles rajouter 14 mailles tricoter 16 mailles rajouter 14 mailles et tricoter 8 mailles

tricoter 4 rangs

puis tricoter 8 mailles, 7 fois 2 mailles ensemble, 16 mailles, encore 7 fois 2 mailles ensemble et 8 mailles

tricoter encore 3 rangs puis 

tricoter 1 maille 2 mailles ensemble jusqu'à la fin du rang et 1 maille

2 rangs endroit et rabattre toutes les mailles

arrêter, faire la couture du dos etdes boutonnieres au crochet

passer un ruban dans les trou-trous

 

 

un peu d'histoire

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poupée noire Polyflex

 

 

j'adore les poupées noires

j'ai consacré quelques jours à habiller cette poupée noire marquée polyflex dans le dos que j'vaias chinée il y a quelques années

elle est tout de même plus jolie habillée ....

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une jupe et un pantalon au crochet

modèles tirés du livre

Résultat de recherche d'images pour "j'habille ma poupée avec un point de crochet"

 

très faciles a réaliser 

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sans oublier le fichu

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et les petits nœuds aux chaussures 

le corsage est taillé dans une pochette organza pour bijoux

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sur le blog PAR AMOUR DES POUPEES, on peut lire les renseignements suivants

Clodrey est l'entreprise fondée en 1952 par Claude Réfabert et vendue au début des années 70 à la CEJI.
Jolydol est une sous marque déposée en 1962 par Claude Réfabert pour diffuser ses poupées à moindre prix , boitage unique, finition moins fine,maquillage plus
succint 
Polyflex est le nom du plastic (un polyéthylène) mis au point par Claude Réfabert en 1954. Ce nom figure sur les moules et donc sur les produits en polyflex.
On parle de bébé polyflex au lieu de Clodrey, car ce matériau est mis en avant dans la pub . Les moules marqués polyflex furent utilisées très longtemps.
La marque polyflex resta propriété de C Réfabert même après la vente de Clodrey . C Réfabert utilisa cette marque pour produire du flaconnage . Le nom lui a survécu. Toute poupée marquée Polyflex est née chez Clodrey mais elle peut avoir été fabriquée pour d'autres comme par ex GAMA.
Les poupées Clodrey totalement en polyflex ne sont pas gravées Clodrey. C'est l'arbre de vie et le phénix qui remplacent le nom de Clodrey.
Les têtes en plastisol sont presque toujours gravées Clodrey.Les têtes en polyflex ne sont plus utilisées après 66.

 

 

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un gilet pour claudinet

mon claudinet mesure 64 cm

 

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je me suis donc inspirée d'un modèle de "bébé chic" aux éditions Marie Claire pour réaliser le caraco en taille 3 mois

 

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Résultat de recherche d'images pour "bébé chic editions marie claire"

 

dans la foulée, un petit bonnet tout simple

 

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joyeux noël

mon amour des poupées ne date pas d'aujourd'hui .....

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ma charrette sicilienne

 

 

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La charrette sicilienne a été un véhicule utilitaire et fait partie de la culture sicilienne. Ce patrimoine tend à disparaître mais il est bon de le connaître.

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Au temps où les automobiles n’existaient pas encore, les familles aisées de Sicile se déplaçaient en calèche de luxe, décorées, portant parfois les armes de la famille, aux sièges molletonnés et conduites par un serviteur. Ils disposaient donc de véhicules uniquement destinés à leur transport.

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Les plus pauvres, eux, n’avaient guère le loisir de se déplacer et quand ils devaient le faire, ils ajoutaient simplement une planche en travers de leur charrette pour servir de siège et c’était parti.

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Origine de la charrette sicilienne

Au XVIIIe siècle, il vint à l’idée que les charrettes de travail pouvaient aussi être décorées. Les familles de paysans se mirent donc à les peindre de mille couleurs, comme pour rivaliser avec celles des grandes familles ou du moins, leur ressembler. Ainsi  est née cette coutume de la charrette sicilienne bariolée.
Les propriétaires prirent l’habitude de les décorer de scènes religieuses. Bientôt, parallèlement au développement des marionnettes et de la chanson de geste, les illustrations bibliques voisinèrent avec des scènes tirées de la Chanson de Roland.

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La charrette sicilienne de nos jours

Mais qu’en est-il de la charrette sicilienne actuellement ?

Bien sûr, de nos jours ces charrettes ne servent plus que pour les fêtes mais elles sont encore répandues. Il y va toujours de l’honneur du propriétaire d’avoir une belle charrette. Pour notre plus grand plaisir…
Certes, il faut bien noter que les propriétaires sont de moins en moins nombreux.

Au musée interdisciplinaire du Palais d’Aumale à Terrasini (36km à l’ouest de Palerme), vous pourrez admirer une belle collection  de charrettes sicilienne à Terrasini.

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Le « Carretto Siciliano » (Charrette Sicilienne), élément symbolique de l’île, est décoré de sculptures ou peintures naïves et bizarres qui représentent des épisodes chevaleresques ou religieux. Ces « carretti » sont portés en procession dans les manifestations de folklore, telles que les carnavals en Sicile.

 

 

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En 1885, voyageant en Sicile, Guy de Maupassant a vu des charrettes peintes à Palerme. Il nous les décrit ainsi :

« De petites boites carrées haut perchées sur des roues jaunes, sont décorées de peintures naïves et bizarres qui représentent des faits historiques ou particuliers, des aventures de toute espèce, des combats, des rencontres de souverains, mais surtout des batailles de Napoléon Ier et des Croisades. Une singulière découpe de bois et de fer les soutient sur l’essieu ; et les rayons de leurs roues sont ouvragés aussi, la bête qui les traîne porte un pompon sur la tête et un autre au milieu du dos, et elle est vêtue d’un harnachement coquet et coloré, chaque morceau de cuir étant garni d’une sorte de laine rouge et de menus grelots. Ces voitures peintes passent par les rues, drôles et différentes, attirent l’œil et l’esprit, se promènent comme des rébus qu’on cherche toujours à deviner. »

extrait de Italie, anthologie des voyageurs français

Yves Hersant, Edition Robert Laffont

 

 

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Le récit de voyage de Gaston Vuillier en 1893 apporte lumière à certaines zones d’ombre sur l’origine et l’usage des charrettes peintes de Sicile. Ajoutons que c’est grâce à sa rencontre avec l’ethnologue-folkloriste Giuseppe Pitré à Palerme que ces informations et ces croquis de voyages sont disponibles aujourd’hui.

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L’usage

Gaston Vuillier dit voir beaucoup de ces charrettes peintes tirées par des mules mais surtout par des chevaux à travers les rues de Palerme transportant biens ou personnes. Elle permettait d’aller des champs à la ville et vice versa. Le dimanche des familles entières les occupent. Ces charrettes avaient donc un double usage : pour le travail dans la semaine, pour les déplacements familiaux le dimanche ou les jours de fêtes. Ces jours-là les chevaux sont parés de panache de plumes sur la tête, de même le bât, le poitrail et le dos de l’animal scintillent de miroirs, de clochettes et de rubans. Cet ornement tout en couleur évoque la parade de jours particuliers un peu comme les corsos de chars fleuris. La charrette devient le centre de focalisation des richesses de famille. Le fait que Giuseppe Pitré attire autant l’attention de Gaston Vuillier sur ces charrettes laisse penser toute la fierté qu’il tire de ce patrimoine sicilien

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La fabrication

Giuseppe Pitré, père fondateur du musée d’ethnographie Pitré à Palerme, explique la confection de ces charrettes. Le carrossier construit entièrement la charrette généralement en noyer pour assurer une bonne rigidité, puis le doreur la peint en jaune citron et réalise les décors les plus ordinaires après quoi un artiste local illustre les panneaux. Mais on voit bien que la facture picturale reste simple et naïve et qu’il ne s’agit pas de peintres ayant appris le métier dans des écoles d’art.

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Sous la charrette, l’ethnologue fait remarquer la présence d’un gros filet. Ce dernier permet de stocker la bassine pour donner à boire à l’animal, la brosse et l’étrille pour entretenir le poil du cheval ou de la mule.

 le filet à l'arrière de la charrette sicilienne, dessin de gaston vuiller

 

Couleurs vives et double répertoire décoratif

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La palette de couleurs est éclatante : des rouges vermillon, du jaune citron, des bleus vifs se juxtaposent, ici pas de nuances subtiles.

Les motifs recouvrent la totalité de la charrette (brassards, roues, panneaux extérieures et intérieurs, fonds) et sont de deux ordres : le répertoire ornemental des frises et les scènes historiées.

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Dans ces frises, encadrements ou fond de charrettes, on distingue essentiellement les motifs rayonnants et géométriques, les fleurs très stylisées, les feuilles d’acanthe en rinceaux ou en panneaux, les petits anges et parfois juste les têtes. La juxtaposition de ces motifs dans les moindres recoins fait que le bois n’est jamais à nu.

 

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Les scènes historiées sont sans doute les plus surprenantes. Elles racontent des scènes légendaires tirées de la Bible comme la pêche miraculeuse, Judith et Holopherne, Jésus chassant les marchands du Temple mais aussi des épisodes tirés de l’histoire des Carolingiens (la mort de Roland, des scènes chevaleresques des paladins de France), de Guillaume Tell, de Roger le Normand, de Christophe Colomb, etc.

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Mais la décoration ne s’arrête pas à la peinture, elle se poursuit sur la ferronnerie de l’essieu où on voit nettement se détacher des sculptures d’anges, de dragons ou de rinceaux en métal peint, remplissant ainsi le maximum de vide.

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Au Musée de Chantilly, la charrette est présentée avec son filet antérieur qui servait à entreposer la bassine, la brosse et l’étrille pour l’entretien de l’animal.

Au Musée des Civilisations de Québec, la charrette exposée fut amenée par Joseph Pillitteri en 1962 lorsqu’il quitta la Sicile pour s’installer au Canada. La charrette illustre les croisades en Terre sainte, la bataille de Charlemagne et de son courageux chevalier Roland, ainsi que les voyages des ancêtres du propriétaire qui la détenait de son père charretier.

 

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Le récit de voyage de Gaston Vuiller


 

Gaston Vuillier (1845-1915) est un peintre-voyageur dont les récits paraissent en feuilleton dans la revue de récits de voyage Tour du Monde (éditée par la librairie Hachette). En 1893 il part pour la Sicile. Le passage présenté ci-dessous relate sa rencontre à Palerme avec le folkloriste Giuseppe Pitré qui attire son attention sur les charrettes peintes ornées de scènes de l’histoire universelle.

Pour lire le récit dans sa totalité : le peintre voyageur Gaston Vuillier

L'extrait qui nous intéresse pour la description des charrettes siciliennes :

 « …et alors je pus lire dans les panneaux des charrettes énigmatiques qui chaque jour passaient avec leurs scènes étranges et leur coloris de fête. Elles étaient traînées par de petits ânes, des mules et surtout des chevaux ; des gamins les conduisaient parfois et d’habitude des Siciliens d’aspect rude et sévère. Le dimanche des familles entières les occupaient, qui traversant la poussière des routes s’en allaient dans le grand soleil aveuglant.

Vous avez remarqué certainement, m’avait dit Giuseppe Pitré, les sujets de ces peintures.

-          Oui mais je n’ai pu cependant deviner ces énigmes…

-          Vous allez être surpris en apprenant que toute votre histoire de France passe avec ces charrettes dans nos rues et dans la poussière de nos routes, depuis les Carolingiens jusqu’à Sedan. (…) et le soir dans nos théâtres populaires, vous assisterez à la mort de Roland et vous verrez notre peuple applaudir Charlemagne, montrer le poing aux traîtres et pleurer de vraies larmes au son du cor de Roncevaux.

-          Comment cette légende est-elle venue en Sicile et s’est-elle transmises ainsi jusqu’à nos jours ?

-          Les Normands nous apportèrent ces légendes chevaleresques. En faisant aimer par notre peuple la poésie guerrière, ils le rendirent plus attentif à vos faits d’armes, et depuis ils n’en ignorent aucun de votre histoire. Mais les traditions chevaleresques sont chères aux Siciliens pour une autre cause encore : Sainte Rosalie, patronne de Palerme, descendrait en ligne directe de Charlemagne. Vous comprendrez dès lors, chez ce peuple tant attaché à ses croyances et à ses traditions, son grand amour pour tous les Carolingiens. (…)

A travers les rues étroites encombrées de toutes sortes de marchands, la foule se pressait. Je me plaisais à écouter le docteur… il en revenait souvent aux charrettes. Nous en rencontrions beaucoup par ces rues, et je les examinais avec attention, frappé par les sujets divers qu’elles représentent.

« Elles racontent, me dit Pitré, l’histoire universelle. On y voit d’abord, comme je l’ai dit, des scènes légendaires des paladins de France ; c’est le tour de la Jérusalem délivrée du Tasse ; viennent ensuite des pages de la Bible, Judith et Holopherne, Jésus chassant les marchands du Temple, la pêche miraculeuse, la toilette d’Esther, etc. C’est enfin l’histoire de Guillaume Tell, avec les épisodes les plus saillants ; les fureurs de Camille, Malek-Adel, Christophe Colomb, etc. Ils n’ont pas oublié la Sicile, nos peintres populaires : vous verrez Roger le Normand massacrant les Sarrasins, Roger recevant les clés du sénat palermitain, le couronnement de Roger… »

Il m’explique ensuite la confection des charrettes ; il m’apprend que le carrossier, après l’avoir construite entièrement, la livre au nuraturi ou doreur, qui la peint tout en jaune citron et exécute les ornements les moins délicats ; après quoi elle est confiée à un artiste qui illustre les panneaux des sujets qu’on lui demande ou qu’il choisit à son gré.

La plupart de ces peintres n’ont jamais appris leur art dans les écoles, on s’en aperçoit aisément. (…)

Avec sa palette naïve, ce peintre du peuple m’intéressait. Ses compositions, où il s’applique à mettre les plus éclatant vermillons, les jaunes les plus vifs et les bleus les plus purs, rappellent par bien des côtés les Primitifs. Il ignore la demi-teinte et les reflets, il ne cherche pas une prétendue harmonie qui éteint souvent ou alourdit. (…)

Nous examinions attentivement, avec le docteur, l’ensemble d’une charrette. Elle était surprenante. Celui qui l’avait décorée s’était livré aux caprices les plus bizarres de son imagination. Partout des soleils tournaient, des dragons rampaient à travers une flore étrange des constellations inconnues pleuvaient dans les vides, et de petites têtes d’anges roses émergeaient d’une ornementation singulière. Il n’était pas un coin de la charrette qui ne fût couvert de peintures ou de sculptures très curieuses.

« Tenez, me disait Pitré, voici sous la partie antérieure le rutini, gros filet dans lequel sont placés labrusca, la brosse, la strigghia, l’étrille, le scutiddara, la bassine pour donner à boire à l’animal. »

Le harnachement de la bête était étourdissant, je n’en avais jamais vu de plus étrange et d’aussi original. Sur le bât, sur le poitrail, de la sous-ventrière, partout pendaient et scintillaient des miroirs, des clochettes, des pompons, des rubans, des plaques, des dentelures, des galons d’argent, des clous de cuivre, des franges et des oripeaux de toutes sortes. La tête était surmontée d’un panache de plumes, et sur le milieu du dos se dressait un haut cimier orné de grelots et terminé par une touffe de laine rouge entremêlée de plumes. Au moindre mouvement de la bête les sonnettes se mettaient à tinter, les panaches s’agitaient et des vols de mouches effrayées s’élevaient en bourdonnant de toutes parts. Le soleil étincelait sur tout cet attirail luisant, multicolore et à grand effet. (…) »

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